Aujourd’hui, nous célébrons la Passion et la Mort de Jésus dans ce pays meurtri par la guerre. En union avec les crucifiés et les victimes de toutes les guerres et injustices.

Je suis réveillé par le bruit des sirènes et ceci pendant un quart d’heure, jusqu’à 6 heures du matin. Les sirènes et le son des cloches préviennent du danger. On dirait une nouvelle offensive aérienne. Peut-être.

À 8 heures du matin, nous célébrons l’Office des Lectures et les Laudes. Les chants sont très beaux. Une centaine de personnes se retrouvent dans l’église à partir de ce moment-là. Et la journée commence dans l’accueil de l’inattendu de Dieu en ce jour, devant Jésus.

Je visite le couvent et le bunker sous l’église, que le maire a demandé de mettre à disposition pour que les personnes puissent venir s’y abriter. Au début de la guerre, on y venait souvent dormir.

Je suis allé visiter avec fr. Vitaly les Petites Sœurs du Cœur Immaculé, appelées aussi « Honorates ». C’est la congrégation des sœurs qui nous ont accueillis le premier jour à la frontière. Nous passons un long moment, sans hâte, avec les quatre sœurs. C’est un centre spirituel et elles accueillent des enfants pendant la journée. L’une d’entre elles, la plus jeune, m’a proposé de faire une interview pour un journal catholique ukrainien. Elle m’a demandé mes impressions sur la situation en Ukraine et sur ce que je vivais. Je lui ai fait part de mon désir de venir ici pour célébrer Pâques et être avec mes frères et les personnes, afin de rendre visible l’unité et l’affection de tout l’Ordre du Carmel et de l’Église. L’unité nous fortifie face à toutes les menaces.

Aujourd’hui, certains d’entre nous jeûnent en signe de communion avec Jésus et avec ceux qui sont blessés par la faim et l’injustice.

Vers 16 heures, fr. Rafał réunit un groupe d’enfants de chœur et d’adolescents, appelé Oasis. Il les retrouve chaque dimanche pour partager et organiser des activités : ils chantent, jouent, prient et se soutiennent mutuellement.

À 17 heures, nous avons le chemin de croix : émouvant. On me demande de porter la croix pendant les trois premières stations. C’est un honneur. Mais à la troisième station, je la trouve particulièrement lourde. Ici, rien n’est romantique. Tout a le poids d’une réalité qui fait mal. La liturgie ne fait pas dans le théâtre, elle parle d’un chemin de croix réel et sanglant. Chaque petit effort et geste est un signe et une communion en Jésus vivant pour la Vie. Je suis les stations et je découvre derrière moi une petite armée de fillettes qui suivent avec recueillement les stations. L’une d’entre elles distribue discrètement des bonbons à ses compagnes. Deux d’entre elles ont leur père qui est au front.

À 18.00 h, célébration de la Passion du Seigneur. La célébration dure deux heures. Personne ne s’assied pendant la lecture de la Passion. Les personnes âgées et les enfants restent debout, avec une dévotion imperturbable. Cela m’édifie et me touche.

Les sœurs de Sainte Thérèse de Lisieux qui travaillent au sanctuaire suivent les aumôniers qui sont au front. Je leur remets une partie de la cargaison de chapelets que j’ai apportée avec moi et que les soldats ont demandée.

Après les célébrations, je fais mes adieux aux frères. Ils me demandent avec intérêt comment se sont passés ces deux jours ici. Ils veulent savoir si ça a été. Je leur dis que je ne suis pas bien, mais que je suis très heureux d’avoir été parmi eux, que je suis fier qu’ils de les voir veiller sur ce peuple et de les voir être Jésus au milieu d’eux. Et je me sens béni par la foi et la gentillesse de cette Église unie.

Les frères vont très vite se coucher. Sur leurs visages, on peut lire la fatigue et le don de soi.

Nous sommes en communion et en silence avec tous ceux qui célèbrent la Passion de Jésus dans le monde entier.

 

Au petit-déjeuner, elles ont placé trois jonquilles dans chacune de nos assiettes pour célébrer notre sacerdoce. Sœur Alina nous adresse un petit discours : elle nous félicite et demande pour nous les trois jonquilles de la Foi, de l’Espérance et de la Charité.

Nous nous quittons dans la rue et je suis très impressionné par la chaleur de leur accueil. Ce sont de véritables sœurs.

Nous partons pour Berdichev. Il faut compter sept heures de route.

Celle-ci est très accidentée sur certains tronçons.

Il y a de nombreux checkpoints et des soldats tout le long du chemin. Nous passons sans aucune difficulté et sans être arrêtés.

Nous traversons quelques villes où nous pouvons observer les effets des bombardements.

Nous sommes partis à 7 h 20 et arrivons à Berdichev à 14h20.

Toute la communauté des frères nous accueille. Je visite le sanctuaire, et notre Mère Notre Dame du Mont Carmel. Nous déjeunons autour d’un plat typiquement ukrainien. Notre conversation est très vivante.

Dans un petit moment, à 18 heures, nous aurons la célébration de la Cène du Seigneur. Il est bouleversant d’être ici et de voir la joie et la vitalité des frères. Que Dieu les bénisse tous.

Soirée du Jeudi Saint. Sanctuaire de Notre-Dame du Mont-Carmel de Berdichev, patronne des Catholiques ukrainiens. Il s’y trouve une très belle icône de Notre Mère, avec le scapulaire, qui offre sa protection. L’église est pleine : il y a des personnes âgées, des jeunes et des enfants… Il y a aussi un grand nombre de servants d’autel, dans le plus pur style du Vatican, qui ouvrent la procession d’entrée dans un ordre rigoureux. Je dois avouer que j’ai rarement célébré un Jeudi saint avec une émotion aussi contenue. Les chants, l’attention portée à chaque détail, les fleurs, les acolytes qui s’aident à s’habiller pour la messe….

Je lave les pieds de la communauté des frères. Ici, on le fait avec une sorte de tablier de cuisine. C’est assez parlant. J’embrasse les pieds de mes frères qui prennent soin de tous ces gens ici. J’embrasse Jésus en eux.

Bien que fr. Vitaly, le prieur (de nationalité ukrainienne) préside, je donne l’homélie. J’explique le mystère qui est célébré, en prenant des exemples de la guerre et de l’actualité de ces jours-ci : la Fraction du pain rappelle les corps brisés de tant de personnes dans certaines villes ; demain, le corps brisé de Jésus continuera d’être un mystère que nous ne comprenons pas et c’est ainsi, en apparence vaincu, qu’il a donné la vie au monde.

Comment décrire l’atmosphère familiale et l’affection des personnes à la fin de la messe ? Tous saluent les prêtres avec une affection touchante. Tout le monde nous félicite et nous embrasse. Ils apportent des fruits, des fleurs et des cadeaux. Tous veulent des photos. Tous disent des mots de remerciement pour notre présence à leurs côtés. Tous me disent de vous remercier de prier pour l’Ukraine. Une grand-mère me dit aussi que, lorsque je retournerai à Rome, je dois dire au Pape de venir.

À la sortie de l’église, il y a un autre moment de dialogue très cordial avec les bénévoles, les familles et les amis.

Le dîner est détendu et très fraternel.

Le temps de récréation est très agréable et personne n’a envie d’y mettre fin. On célèbre la présence du Général et aussi de fr. Paweł, qui vit de l’autre côté en Pologne depuis le début de la guerre, afin d’organiser l’aide humanitaire et le transport de matériel, deux fois par semaine. Notre conversation se fait sans temps morts, les sujets sont intenses, on m’interroge et demande des nouvelles sur les frères, sur la situation et la période actuelle.

Il est environ 22 heures en Ukraine. Les sirènes ont retenti pendant quelques minutes. Elles signalent qu’un projectile a été tiré depuis le territoire biélorusse.

Mais les frères continuent leur conversation amicale sans être très émus. Ils s’inquiètent de savoir si j’ai peur. Je fais confiance à leur sérénité.

C’est ainsi que la journée se termine… avec le sentiment très vif de communion et d’esprit de famille en temps de guerre. Avant de m’endormir, un autre hurlement de sirènes, et une supplique pour demander la Paix.

 

Fr Miguel Márquez, ocd

 

Les frères Paweł et Piotr me récupèrent à l’aéroport de Cracovie. Il est 8h30 du matin.

Nous allons chez les Carmélites de Łobzowska à Cracovie. C’est une communauté très joyeuse.

Nous y rencontrons les sœurs de Kiev, qui résident là depuis un mois.

Les échanges sont intenses et émouvants. Je suis très heureux de les rencontrer, car nous avons partagé beaucoup de choses dans les moments les plus durs de la guerre et au moment de leur départ pour la Pologne. Elles veulent raconter et partager tout ce qu’elles ont vécu.

L’Eucharistie est en latin.

Nous déjeunons avec elles et partons pour le couvent de Przemysl situé près de la frontière. Le Prieur, le P. Christof, nous accueille. Nous discutons pendant une heure avec les frères de la communauté.

Nous partons vers la frontière avec les frères Piotr, Paweł Baraniecki et Paweł Ferko. Ce dernier est membre de la communauté de Berdichev mais il réside à Przemysl depuis le début de la guerre pour gérer l’aide humanitaire et les véhicules qui partent deux fois par semaine de Pologne vers Berdichev avec de la nourriture, des vêtements pour les soldats, des gilets pare-balles, des groupes électrogènes, des jumelles de vision nocturne, etc.

Nous arrivons à la frontière et devons la traverser à pied. Piotr et Paweł restent du côté polonais. Avant de franchir la frontière, nous rencontrons une multitude d’ONG venues du monde entier pour apporter leur soutien à ceux qui arrivent du côté ukrainien : nourriture, vêtements, etc. etc.

Nous rencontrons un groupe de jeunes espagnols venus à titre personnel de Cadix, Malaga, Barcelone… et qui ont planté leur tente dans le couloir d’accès à l’Ukraine avec une multitude d’autres organisations. Ils nous demandent si nous allons célébrer les Offices à la frontière car ils souhaiteraient vivre la Semaine Sainte.

Le fr. Paweł et moi franchissons assez facilement la frontière Pologne-Ukraine. Il y a beaucoup de personnes du côté ukrainien qui attendent de passer en Pologne. Il y a énormément de familles et d’enfants.

De l’autre côté, nous attend le fr. Rafał Myszkowski. Il a fait un voyage de sept heures pour venir nous chercher.

La formule de salutation ici en ce moment est : « Dobryy vechir / den. My z Ukrayiny » c’est-à-dire « Bonsoir / Bonjour. Nous sommes Ukrainiens ».

Aujourd’hui, nous passons la nuit à Mostyska chez les Petites Sœurs du Cœur Immaculé de Marie, fondées par un capucin, le père Honoratus Kozminsky. Les sœurs Alina et Edithson sont la gentillesse même. Le dîner, l’accueil, la chambre, tout a été préparé de manière exquise.

 

La fête de l’Enfant Jésus a été célébrée magnifiquement au Carmel de Koteshwar (Kundapur, Inde). Les fidèles se sont rassemblés pour écouter le frère Prakash et son équipe qui prêchaient le triduum préparatoire à la fête.

Le 26 février, à 17 heures, le Père Praveen Frank, Vicaire régional de la mission des Carmes en Tanzanie, a célébré l’Eucharistie et a prêché. Le Père Prakash D’Souza, en conclusion de la retraite de trois jours, a animé l’adoration d’une heure précédant l’Eucharistie solennelle. Il a ensuite remercié chaleureusement tous les bienfaiteurs qui ont permis la réalisation d’une si belle fête. Le Père Alwyn Sequeira, Supérieur du Carmel, a remercié tous les participants pour leur coopération généreuse au succès du triduum. Le Père Deep Fernandes avait préparé la Liturgie et le Père Alwyn a dirigé la chorale. Environ 20 prêtres diocésains et religieux ont participé à l’Eucharistie.

Auparavant, le Père Prakash D’Cunha, conseiller provincial, avait inauguré le salon et la chambre d’hôtes nouvellement construits. Le Père Archiebald Gonsalves, ancien Provincial des Carmes, a quant à lui béni le nouvel édifice.

À l’issue de la messe, un repas festif a ensuite eu lieu avec la participation de tous les présents.

 

Outre la retraite annuelle des Carmes et la rencontre sportive entre prêtres et étudiants qui conclut habituellement ce beau moment fraternel, cette nouvelle année 2022 a débuté avec la grâce de la profession solennelle de trois frères puis de leur ordination diaconale. La crise du covid s’étant un peu tassé, l’État a autorisé l’ouverture des églises et les célébrations sans grandes restrictions. Il nous était bon de revoir les familles des frères et la joie des rencontres après des mois de silence et de distance.

Nous sortons lentement de la période cyclonique dans l’Océan Indien. Un temps de grâce pour certaines régions désertiques ou quasi-désertiques, mais pour la majorité, c’est le cauchemar annuel. Cette fois, deux cyclones tropicaux intenses ont fait beaucoup de dégâts à Madagascar (Batsirai et Emnati), ainsi qu’une tempête tropicale modérée, la première de cette année. Nous sommes encore en train de faire le bilan des dégâts, tant humains que matériels. Pour nous, c’est le couvent de Manakara, sur la côte est de l’île (généralement la plus touchée), qui a fortement souffert du passage de ces cyclones, avec notamment l’effondrement d’une partie du mur.

 

L’OCDS du Sénégal est né à l’issue de la célébration des 450 ans de l’Ordre du Carmel à Dakar, le 18 novembre 2019. A cette occasion, les frères carmes rencontrent Véronique Lukelo, OCDS Rd-Congo, et lui demandent de témoigner sur son cheminement de plus de 20 ans avec son mari au sein du Carmel Séculier. Son message fut un déclencheur pour Michel et André, qui, par la suite,  demandent aux Frères Carmes de créer la branche des séculiers au Sénégal. L’ouverture officielle a eu lieu à Dakar, le 02 mars 2020. Le 08 décembre 2020, André et Michel entrent en formation et émettent leurs 1ères promesses le 05 décembre 2021. Le groupe compte à ce jour 10 membres: deux profès temporaires, trois en 1ère année de formation, trois regardantes et un couple profès perpétuel (de la Rd-Congo résidant à Dakar). Saint Jean de la Croix est le Saint Patron du groupe. Celui-ci promeut la dévotion du scapulaire au Sénégal, tient les rencontres mensuelles les 1ers samedis et la retraite annuelle, ainsi que la fête patronale chaque 14 décembre.

 

Le dimanche 20 février, la communauté du Sanctuaire de Sainte Thérèse des Andes était en fête, à l’occasion de la visite du Père Miguel Márquez. Celle-ci a coïncidé avec la venue de l’Animatrice Générale des Carmélites Missionnaires Thérésiennes, Sœur María José Gay. Tous deux sont venus en pèlerinage de Rome, accompagnés respectivement par le Père Martin Martinez et la Sœur Maria Teresa Garcia. Il faut ici préciser que l’Ordre des Carmes Déchaux et les Carmélites Missionnaires Thérésiennes sont responsables de la pastorale du Sanctuaire, en collaboration avec la communauté des Carmélites Déchaussées, à laquelle appartenait Sainte Thérèse des Andes.

L’Eucharistie du septième Dimanche du temps ordinaire a été présidée par le Père Miguel, concélébrée par le Père Rodrigo Segura, Provincial et actuel recteur du Sanctuaire, ainsi que par plusieurs Carmes Déchaux. Dans son homélie, le Père Miguel a souligné que nous sommes tous à la recherche de cet amour de Dieu qui enflamme une vie ; bien souvent, il est là sans que nous nous réalisions combien nous sommes riches et quel trésor est en chacun de nous, et nous le laissons passer. Il a également médité sur l’amour vivant qui est présent dans le Sanctuaire, ce feu qui brûle et qui doit nous enflammer, par l’intercession de sainte Thérèse des Andes. Nous sommes invités à découvrir la présence d’un Dieu qui touche les cœurs et qui nous fait tomber amoureux de lui chaque jour.

À la fin de l’Eucharistie, nous nous sommes tous rendus sur la tombe de Sainte Thérèse des Andes pour y déposer toutes nos intentions et celles des pèlerins.

 

Les Pères Antonio Prestino, Marco Secchi, Mihai Lauș et Tarcisio Favaro, de la Province de Venise, résident au couvent de Snagov, en Roumanie. Se trouvent également avec eux des membres du Mouvement Ecclésial Carmélitains. Ils ont été rejoints le 9 mars par trois postulants de la Province de Venise.

Depuis le 24 février, les lieux disponibles pour accueillir les réfugiés ont été préparés : nettoyage, voitures, cuisine, traducteurs, etc., mais aussi déplacements à la frontière (4 heures de route) pour récupérer les réfugiés ayant besoin d’aide. Les premiers arrivants ont été des étudiants étrangers fréquentant les universités ukrainiennes : ils doivent retourner dans leur pays d’origine (Maroc, Égypte, Kazakhstan…). Puis ce fut le tour de mères de famille ukrainiennes (ou d’autres nationalités) qui ont fui avec leurs enfants, ainsi que certaines familles qui reviennent au pays avec leurs enfants. S’en sont suivis un grand nombre d’appels téléphoniques à coordonner, la valse des véhicules qui se rendent à la gare ou à l’aéroport, les réveils qui sonnent la nuit pour pouvoir aller chercher ou amener quelqu’un, les repas à préparer, le nettoyage à faire, les médicaments, les lessives, les allers-retours aux ambassades, etc. Il s’agit pour le moment d’un accueil dans l’urgence, court mais nécessaire, pour que tout le monde puisse avoir une destination. Actuellement, la maison de spiritualité de Snagov accueille une quarantaine de réfugiés ukrainiens.

Mr. Vito d’Ettorre, un journaliste de TV2000 (la télévision catholique italienne) qui visitait notre centre en vue d’un reportage, nous a livré ses impressions après avoir fait le tour des frontières avec l’Ukraine : « La Roumanie est devenue le ‘Lampedusa de l’Europe’. L’accueil s’est organisé partout, jusque dans les maisons privées et les couvents.  L’expérience au Carmel de Snagov est merveilleuse. J’ai interviewé d’abord une femme qui fuyait l’Ukraine. Dès qu’elle est arrivée ici, elle est entrée dans l’église et a hurlé à pleine voix : « Seigneur, donne-nous la paix ! ». Ceux qui fuient ont besoin de trouver la spiritualité plus que le pain, comme cela se passe dans ce sanctuaire ».

 

Je voudrais partager avec vous la situation actuelle de nos communautés OCDS en Ukraine. Nous sommes 46 à vouloir vivre de la spiritualité carmélitaine. Mais auparavant, faisons un bref historique du Carmel Séculier sur notre terre en Europe de l’Est.

En périphérie de l’ancienne ville de Kiev se dresse l’église de l’Exaltation de la Sainte-Croix : c’est là que les Pères Carmes ont débuté leur mission après la période communiste. En octobre 1994, la première communauté du Carmel Séculier des « Anges gardiens » a été fondée. Aujourd’hui, la communauté de Kiev compte 18 membres. En février 2003, dans la ville de Khmelnytsky, la communauté « Marie, Mère de Dieu de Grâce » a été formée avec le soutien des Pères Carmes. Elle est composée de 14 membres. Dans la ville de Berdychiv, à l’ombre de l’image de Sainte Marie du Scapulaire, la communauté de « l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge Marie » a vu le jour à l’automne 2014. Elle compte 8 membres. La plus jeune communauté se trouve actuellement à Kharkiv. Il est né en janvier 2020 et s’appelle de « l’Enfant Jésus de Prague ».

Aujourd’hui, en ces temps de guerre, la période est éprouvante pour toutes les communautés et pour toutes nos familles. Nous essayons de rester en contact les uns avec les autres. À l’heure actuelle, un seul membre de la communauté de Kharkiv est resté dans cette ville détruite. Lorsque l’électricité et la nourriture ont commencé à manquer et que le chauffage s’est arrêté, elle a trouvé refuge dans un bunker près d’une paroisse. Les membres de la communauté de Berdychiv sont restés dans leurs logements, la ville n’étant pas encore bombardée. Tous s’entraident comme ils le peuvent : certains accueillent les réfugiés de l’est du pays, d’autres préparent des filets militaires ou cousent des vêtements pour les soldats et les défenseurs de la ville, d’autres encore travaillent comme bénévoles. À Khmelnytsky, les membres de la communauté vivent enfermés dans leurs maisons. Autour de Kiev, beaucoup de lieux ont été rasés et détruits. Les maisons des civils ont été impitoyablement détruites. Quatre personnes de l’OCDS sont restées à Kiev.

Nous remettons notre vie entre les mains du Seigneur et de sa Divine Miséricorde. D’une manière toute particulière, nous trouvons refuge auprès du grand protecteur du Carmel, saint Joseph. Toutes nos communautés prient ce grand saint, en se souvenant de ce que notre sainte mère Thérèse de Jésus a dit de lui. Nous vous demandons également de prier Saint Joseph pour la paix en Ukraine.

 

Avila

L’ouverture de la Porte Sainte par l’évêque d’Avila, Mgr José María Gil Tamayo, le dimanche 13 mars, a marqué le début de l’année jubilaire à Avila. Les fidèles ont assisté avec beaucoup de recueillement à l’ouverture de la Porte Sainte dans l’église du Couvent de La Santa, qui est l’église jubilaire. Aux côtés de l’évêque, se trouvaient des représentants des autorités civiles, religieuses, militaires, policières et universitaires. L’événement a été diffusé à la télévision espagnole TVE 2.

L’évêque d’Avila était accompagné du Père Antonio Ángel Sánchez, OCD, Provincial de la Province ibérique, et du Père David Jiménez, OCD, Prieur de La Santa. La Fanfare de la ville d’Avila a accompagné l’ouverture de la Porte Sainte au son de l’Hymne National. La messe fut animée par le chœur grégorien de la Santa et, après l’Eucharistie, la procession dans la ville était accompagnée par la fanfare de clairons et tambours El Amarrao.

 

Alba de Tormes

L’église de l’Annonciation à Alba de Tormes était bondée pour célébrer ce jour. L’évêque de Salamanque, Mgr José Luis Retana, présidait sa première messe pontificale dans l’église de l’Annonciation.

L’Ordre du Carmel Déchaussé, en collaboration avec la mairie d’Alba de Tormes, a organisé l’exposition « Teresa de Jesús : Femme, Sainte, Docteur ». Celle-ci a été inaugurée le 28 mars, jour de la naissance de sainte Thérèse d’Avila. L’exposition souhaite approfondir ses trois aspects de la Santa. Elle sera ouverte au public jusqu’au 22 octobre 2022, dans l’église du monastère de l’Annonciation, où Thérèse est morte en 1582 et où sa tombe est vénérée depuis lors.

 

Rome

La messe du 400e anniversaire de la canonisation des saints Ignace de Loyola, François Xavier, Thérèse de Jésus, Isidore le Laboureur et Philippe Néri a été célébrée dans l’église du Gesù, en présence du pape François. Pour des raisons de santé, celui-ci n’a pas pu présider la célébration. Jésuites, Carmes, Oratoriens et membres du diocèse de Madrid se sont réunis pour célébrer ce grand événement. Voici un extrait de l’homélie du Pape :

« L’un des drames de notre époque est de fermer les yeux sur la réalité et de lui tourner le dos. Que sainte Thérèse nous aide à sortir de nous-mêmes et à gravir la montagne avec Jésus, à nous rendre compte qu’Il se révèle aussi à travers les blessures de nos frères et sœurs, à travers les difficultés de l’humanité, à travers les signes des temps. Il ne faut pas avoir peur de toucher les plaies : ce sont les plaies du Seigneur. »

 

CITeS (Avila)

Du 11 au 13 mars, le Colloque « Sainteté, mission et expérience de Dieu » s’est tenu à l’occasion du 4ème centenaire de la canonisation des saints Ignace de Loyola, François Xavier, Thérèse de Jésus, Isidore le Laboureur et Philippe Néri.  Cette canonisation a été un véritable renouveau spirituel pour l’Église et pour l’ensemble de la société occidentale.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de l’évêque d’Avila, Mgr. José María Gil Tamayo, du maire d’Avila, Mr Jesús Manuel Sánchez Cabrera, du doyen de la faculté de théologie et de droit canonique de l’Université pontificale de Comillas, le Père Francisco Ramírez, et des deux directeurs du symposium : les Pères Fernando Millán et Francisco Javier Sancho Fermín. Les questions abordées concernaient l’expérience de Dieu, la mission et le charisme au service de l’Église de chacune de ces figures.

 

Le 11 février, le Fère Mary-Dominic Savio, OCD, a été ordonné prêtre. Né à Naju-si (Corée) en 1986, il a fait sa première profession dans l’Ordre en 2015 et a étudié au Teresianum (Rome, Italie).

La famille de Fr. Mary-Dominic Savio, les frères carmes, les membres de l’Ordre Séculier entouraient notre frère. La cérémonie était présidée par Mgr Peter Chung, OCD, archevêque du diocèse de Séoul.

Nous vous invitons à prier pour le frère Mary-Dominic Savio.

 

Le couvent Saint Joseph compte cette année 16 frères, du Togo, du Burkina et de la Côte d’ivoire, engagés dans la pastorale paroissiale, les études, l’enseignement et dans l’accompagnement spirituel. Les activités quotidiennes sont organisées autour de l’oraison, la liturgie, la recréation et d’autres activités communautaires comme autant de points d’ancrage de leur esprit de famille.

Le samedi 11 décembre 2021, les frères ont partagé un moment de ressourcement spirituel ensemble avec les membres du Carmel séculier et les congrégations religieuses et laïques affiliées à l’Ordre. Il s’agissait de se préparer à la fête de Notre Père Jean de la Croix mais aussi à accueillir l’Enfant-Jésus. La fête de Noël a connu une grande participation des paroissiens. Dans l’intention d’accueillir l’année 2022 avec des grâces renouvelées, toute la paroisse s’est réunie sur un grand terrain pour vivre le réveillon 2021 dans l’adoration, la louange et la prière.

Le lundi 27 décembre 2021, la communauté a effectué une sortie-détente à la plage d’Assinie (Abidjan). La joie de cette journée a renforcé la fraternité et nous a rappelé que nous sommes aussi, comme communauté, le jardin où Dieu prend ses délices.

 

Depuis que le P. Juan Vicente Zengotita, OCD, a fondé la revue La Obra Máxima en janvier 1921, celle-ci a connu des évolutions importantes dans son format et son contenu. Grâce à la collaboration de nombreux carmes déchaux, la revue est devenue la voix de nos missionnaires qui, par leurs écrits et leurs témoignages, nous sensibilisent aux difficultés et aux défis, non seulement de leurs communautés, mais aussi de la vie de toute l’Église.

La revue La Obra Máxima a été créée par la Province carmélitaine de Navarre dans une édition en langue espagnole. De ce fait, de nombreuses communautés de l’Ordre ne maîtrisant pas cette langue ne peuvent pas suivre les nouvelles publiées dans cette revue. C’est pourquoi le père Jon Korta OCD, son Directeur, a entrepris de préparer deux éditions internationales, une en anglais et une en français. Après plusieurs années de travail et d’organisation, ces deux éditions ont vu le jour en janvier 2022, grâce à une équipe de collaborateurs et de traducteurs. Sous la direction de Fr Jon Korta, ils permettent à la revue de toucher davantage de communautés de l’Ordre.

Il est essentiel que l’ensemble de l’Ordre connaisse et soutienne ces projets, inhérents à la culture carmélitaine, surtout lorsqu’il s’agit de favoriser la vie et le témoignage des frères Carmes Déchaux qui annoncent la Bonne Nouvelle de Dieu en terre de mission.

https://www.laobramaxima.es

 

Le Samedi 15 Janvier, l’éruption d’un volcan sous-marin au large de Tonga a entraîné des tsunamis dans plusieurs îles du Pacifique Sud, une montée des eaux sur le littoral du Pérou et sur la côte Pacifique des États-Unis, ainsi que des alertes tsunami et des évacuations au Japon. Environ deux îles ont été complètement détruites et il n’y a plus de maisons sur ces îles. Heureusement, Dieu a protégé Tonga. Même si l’éruption fut énorme, seules trois personnes sont mortes. Cela aurait pu être pire.

La famille carmélitaine est présente dans cette région du monde. Les moniales Carmélites de Tonga vont bien et sont en sûreté. Selon leur propos, ce fut une expérience terrible et effrayante, mais elles étaient sûres que Dieu les protégerait. Elles ont senti la prière de tous leurs frères et sœurs pour elles. Lorsque le volcan est entré en éruption, le monastère a violemment tremblé, et quelques heures plus tard, tout était plongé dans l’obscurité à cause de nuages, puis les cendres ont commencé à remplir l’air et sont tombées comme de la grêle sur le toit. Les sœurs sont montées sur le toit pour en retirer les cendres épaisses. L’OCDS et des membres de la paroisse sont venus les aider à nettoyer tout le monastère. Le seul problème est l’eau, car les cendres ont tout contaminé. Heureusement, la Nouvelle-Zélande et à l’Australie ont envoyé de l’eau potable.