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Marie-Françoise Thérèse Martin Guérin est née à Alençon (France) le 2 janvier 1873. Ses parents étaient les béats Louis Martin et Zélie-Marie Guérin. Elle est la dernière des neuf enfants de ce mariage saint, dont survivront les cinq filles uniquement : Marie, Pauline, Léonie, Céline et Thérèse. Durant sa première année de vie, elle a du être laissée aux soins d’une nourrice à la campagne car sa mère ne pouvait pas l’alimenter. Ses premières années ont été très heureuses mais lorsqu’elle avait quatre ans, sa mère est décédée d’un cancer. Cela a beaucoup touché Thérèse qui est passé d’être une enfant gaillarde et expansive à une petite fille timide, réservée et hypersensible malgré toute la tendresse dont faisaient preuve son père et ses sœurs.
La famille a déménagé à Lisieux, près des oncles Guérin. Lorsque sa sœur Pauline est entré au Carmel en 1882, Thérèse souffre de cela comme s’il s’agissait d’un deuxième abandon maternel. L’année suivante elle contracte une “étrange maladie”, avec des hallucinations et des tremblements. Un jour, alors que ses sœurs priaient pour elle, elle eut l’impression que la statue de la Vierge qu’elle avait à ses côtés lui souriait et elle s’est sentie guérie.
La première communion de la jeune fille, l’année suivante, a été un jour sans nuages durant lequel elle s’est offerte à Jésus. Son âme se rattachait à Dieu avec amour et spontanéité. Malgré cela, influencée par le moralisme de l’époque, elle a passé un long moment au cours duquel elle a connu de terribles scrupules. Sa sœur Marie essayait de l’aider en usant d’une grande pédagogie.
A Noël 1886, quelques mois après l’entrée de Marie au Carmel, Thérèse reçoit ce qu’elle appela la “grâce de sa conversion”, avec laquelle elle a dépassé son extrême sensibilité et a commencé à trouver son bonheur en s’oubliant elle-même afin de satisfaire les autres.
L’année suivant, après avoir obtenu la permission de son père pour entrer au Carmel, elle réalise un pèlerinage à Rome durant lequel, lors d’une audience avec le Pape Léon XIII, elle lui a demandé sa permission pour entrer au Carmel malgré son jeune âge.
Le 9 avril 1888 Thérèse est entré au Carmel sous le nom de Thérèse de l’Enfant Jésus. A ce nom serait ajouté par la suite “et de la Sainte-Face”, lorsque son père a connu des périodes d’hallucinations et a du entré dans un hôpital psychiatrique. Une maladie qu’il a vécue avec une grande foi mais qui a beaucoup affecté ses filles.
Au Carmel, Thérèse a approfondi les Saintes Ecritures, fondamentalement les Evangiles, dans lesquels elle a vu les traces de Jésus. Les lectures de l’Ancien Testament, lorsque le prophète Isaïe parle de l’amour maternel de Dieu ou du “Serviteur de Yahvé”, l’ont également touchées profondément. Saint Jean de la Croix a été son maître spirituel, en le lisant elle a approfondi le chemin de l’amour.
Après la période de formation, elle est devenue formatrices des jeunes, bien que sans le “titre” officiel, et a été la maîtresse de sa sœur Céline. Elle a également échangé une correspondance avec deux missionnaires. Grâce à ces lettres, elle a établi avec eux non seulement une relation fraternelle mais un véritable accompagnement spirituel. A une époque à laquelle de nombreux croyants s’offraient comme victime de la colère de Dieu, Thérèse s’offre à son Amour Miséricordieux, comprenant que la justice divine – de même que le reste de ses attributs– est toujours imprégnée de miséricorde. Avec les années, son expérience de l’amour inconditionnel et gratuit de Dieu va grandissant. Elle se sent appeler à vivre dans le remerciement et l’abandon d’un enfant dans les bras de sa mère. Cela la conduit à comprendre la valeur des plus petites œuvres réalisées par amour (et non pour gagner des mérites), dans l’amour quotidien et dans les moindres détails. Elle va comprendre que sa vocation au sein de l’Eglise est l’amour. Femme simple qui a vécu sans rien d’extraordinaire, sans extases ni miracles, elle a connu l’aridité dans la prière et les incompréhensions, ce qui n’a jamais pu lui enlever une joie sereine et une paix qui remplissaient toujours plus son cœur.
A Pâques 1896, Thérèse connaît une crise d’hémoptysie, symptôme de la tuberculose. Trois jours plus tard la nuit de la foi qui va durer jusqu’à sa mort. Période durant laquelle elle ne peut pas croire en la vie éternelle qu’elle décrit de façon bouleversante. Elle supporte cette période grâce à des actes de foi majeurs et l’amour. Elle meurt le 30 septembre 1897.
Ses écrits : les Lettres, quelques Poèmes, petite pièces de théâtre pour les fêtes communautaires, quelques Prières, les notes prises par ses sœurs lors de sa maladie et l’Histoire d’une âme. Ce dernier ouvrage, récit de son histoire de salut a révolutionné la spiritualité de l’Eglise à tel point qu’elle a été déclarée docteur universel de l’Eglise. Elle est également la patronne universelle des missions.
Sa fête est célébrée le 1er octobre.

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S’approcher d’Edith Stein, Thérèse-Bénédicte de la Croix suppose se trouver en présence d’une chercheuse passionnée de la Vérité, trait qui l’a définie toute sa vie. Elle est née le 12 octobre 1891 au sein d’une famille juive de Breslau (actuelle Pologne), dans laquelle sa mère, une femme forte et à la foi profonde, a élevé ses enfants dans un climat de respect et de liberté responsable. La foi d’Edith ira en diminuant à mesure qu’elle voudra faire siennes les croyances reçues. Comme elle ne trouvera pas de réponses à ses questions, elle abandonnera ses croyances durant l’adolescence.
Elle possédait une intelligence et une intuition extraordinaires, ce qui lui a permis d’être une élève brillante lors de toutes ses études. Encouragée par une nécessité intérieure de recherche du sens de la vie, elle a étudié la psychologie, matière qui l’a déçue. Elle se sent attirée par l’histoire, la philosophie et la germanistique, qu’elle a étudiée durant ses années à l’université dans sa ville natale.
Durant son procédé de recherche elle tombe sur l’œuvre Recherches logiques de celui qui deviendra son maître et philosophe admiré, Edmund Husserl, père de phénoménologie, science qui ouvrira de nouvelles perspectives à la connaissance de l’essence des choses. A l’université de Göttingen elle se consacrera à approfondir cette science aux côtés d’autres philosophes comme Scheler, Reinach et le couple Conrad-Martius qui fera partie de ses amis intimes.
Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate, elle s’engage comme infirmière de la Croix Rouge, elle est convaincue que sa vie ne lui appartient plus, qu’elle doit être offerte au “grand évènement”. Elle fait face au mystère de la douleur et de la mort d’une manière bien réelle, ce qui l’amènera à assumer comme propres les souffrances des hommes.
Elle continue ses études et prépare sa thèse de doctorat à laquelle elle recevra la plus haute distinction, “summa cum laude”, et qui s’intitule: Sur le problème de l’empathie. Elle essaye d’accéder à une chaire universitaire mais cela lui est refusé à cause de sa condition de femme.
Deux faits vont l’émouvoir profondément et vont être déterminants pour sa foi en Jésus Christ : l’attitude de sérénité face à la mort de l’épouse de Reinach, mort au combat et la lecture de la Vie de Sainte Thérèse de Jésus chez son amie H. Conrad-Martius.
A partir de ce moment elle poursuit son itinéraire particulier d’approfondissement de la foi, chemin d’abandon progressif et déposé dans les mains ce celui qui lui a été révélé comme la Vérité et la source de tous les savoirs. Son désir de dévouement total au Seigneur au sein du Carmel sera précédé par des années intenses au court desquelles elle exercera comme professeur d’allemand au couvent des dominicaines de Spire, conférencière dans des institutions pédagogiques et philosophiques, spécialiste et traductrice d’auteur comme Saint Thomas d’Aquin ou le Cardinal Newman, professeur à l’Institut de Pédagogie Scientifique de Münster… Le climat d’antisémitisme présent à cette époque (1933) l’obligera à abandonner l’enseignement.
L’heure tant attendue de commencer la vie au sein du Carmel semblait arrivée et, après une douloureuse rencontre avec sa mère qui n’avait pas accepté la conversion d’Edith, elle entre le 14 octobre 1933 au Carmel de Cologne où elle restera jusqu’au 31 décembre 1938, date à laquelle elle prend la direction du Carmel d’Echt en Hollande à cause de la persécution des juifs et des catholiques en dans l’Allemagne nazie. Elle a assumé la “science de la croix” jusqu’à ses ultimes conséquences. Elle est entrée dans la “Vie” le 9 août 1942 à Auschwitz-Birkenau.
Elle a été béatifiée (1987), canonisée (1998) et proclamée co-patronne d’Europe (1999). Elle a su rassemblé en elle la recherche de la Vérité et la confiance de l’abandon en Dieu.

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Józef Kalinowski, est né à Wilno (Lituanie) le 1er septembre 1835. Il est le fils d’Andrzej Kalinowski et de Józefina Polonska, nobles catholiques.
Il étudie à l’académie militaire de Saint Pétersbourg et obtient de bons résultats, mais à cause de l’insurrection de son pays face à l’occupation russe, il décide de laisser l’armée et, bien qu’avec ses connaissances il sait que le succès de l’insurrection est impossible, il décide d’aider ses compatriotes en acceptant le poste de ministre de la guerre et évite dans la mesure du possible une plus grande effusion de sang.
En mars 1864 il est arrêté et condamné à la peine capitale, commuée pour 10 ans de travaux forcés en Sibérie. Avec un crucifix et l’Imitation de Jésus-Christ, il part pour la Sibérie et après 9 mois de dur voyage, il arrive aux côtés des survivants sur la rive du lac Bajkal.
Dans ces circonstances plus que difficiles, il a démontré une grande force de caractère et une profonde charité, supportant les souffrances et les incommodités et partageant avec les autres ce qu’il avait et ce que ses proches lui envoyaient : «Je l’écris clairement, la misère ici est très grande ; trouver de l’argent au sein de la patrie est toujours tâche plus aisée qu’en Sibérie. Il m’est inconcevable d’être indifférent».
Avec les années, il obtient la liberté le 2 février 1874, bien qu’il lui soit interdit de vivre de nouveau en Lituanie. Il accepte alors le poste de tuteur d’Auguste Czartoryski âgé de 16 ans et qui vivait la majeure partie de son temps à Paris.
Le 15 juillet 1877 il entre au couvent carmélitain de Graz, sous le nom de Raphaël de Saint-Joseph. Il prononce ses premiers vœux le 26 novembre 1878 et part pour la Hongrie afin d’étudier la philosophie et la théologie au couvent de Raab. Le 27 novembre 1881 il prononce ses vœux solennels et est envoyé en Pologne au couvent de Czerna où il est ordonné prêtre le 15 janvier 1882 avant de devenir prieur l’année suivante.
Il réorganise l’Ordre en Pologne et le troisième ordre séculier. Il publie plusieurs biographies. En 1906 il prend la direction du collège de théologie de Wadowice. Il est apprécié de tous en tant que directeur spirituel et confesseur. Il consacre un intérêt spécial pour traiter ses sœurs carmélites déchaussées avec le plus grand dévouement possible.
Il meurt le 15 novembre 1907 à Wadowice. Il a été béatifié à Cracovie le 22 juin 1983 par le Pape Jean-Paul II et canonisé à Rome le 17 novembre 1991. Sa fête a été fixée le 19 novembre.
Tout au long de sa vie, il a mis en avant son esprit de charité et de réconciliation ainsi que son dévouement dans la formation des plus jeunes.
Il enseigne à avoir le courage de persévérer dans la foi et d’avoir confiance en les difficultés; et également qu’il est possible d’avancer vers l’homme et le pardon, uniquement à la lumière de la réconciliation en provenance de Dieu. Et que pour pouvoir pardonner, il faut savoir que l’on est pardonné.
Il possédait un caractère ouvert et cordial. De son séjour en Sibérie il est revenu convaincu du besoin de se consacrer à la jeunesse puisque lors de cette étape de la vie, l’apprentissage configure la personne et que c’est un moment pour décider du futur. Il recherchait avant tout une formation intégrale de l’être humain. Il était poussé par un intérêt spirituel et intellectuel.
Sa vie a été illuminée par l’évangile et Jésus.
Il est invoqué comme patron des sibériens, des éducateurs, des cheminots, des ingénieurs et des jeunes.

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Juanita Fernández Solar est née le 13 juillet 1900 à Santiago du Chili. Eduquée dans la foi par ses parents depuis toute petite, elle a connu une inclination précoce pour la prière et le bien. A partir de 1907 elle entre comme externe au collège des religieuses du Sacré Cœur. Le 11 septembre 1910 elle reçoit la première communion. Jour fondamental pour elle, à partir duquel elle va vivre chaque jour une amitié toujours plus grande avec Jésus.
De famille aisée, elle traite les employés de la maison avec une affection peu commune et se préoccupe des catéchèses et des besoins matériels des pauvres de ses terres. Son père démontre peu d’habileté dans l’administration de sa propriété agricole et perd une grande partie de sa fortune, ce qui créé de vives tensions au sein du couple. De plus, son frère Luis s’est éloigné de la foi et Miguel menait une vie de bohème. Au milieu des difficultés familiales, elle a été l’ange qui a veillé sur tous.
A 15 ans, elle déclare que le Christ l’a captivée. Peu après, elle devient interne au collège et va le vivre d’une manière très difficile : Je voudrais que cet internat parte en fumée, dira-t-elle. Jusqu’à ce qu’elle se décide d’être fidèle à sa vie de collégienne afin de s’offrir à la volonté de Dieu et à faire des efforts pour être une élève exemplaire. Peu de temps après son entré à l’internat, et à la suite d’une conversation avec une de ses maîtresses, elle commence à discerner sa future vocation.
A 17 ans elle lit Sainte Thérèse de Jésus, ce qui va la pousser à vivre la prière comme une amitié et un dévouement envers les autres. Elle connaît également les écrits de Saint Thérèse et de Sœur Elisabeth de la Trinité, avec lesquels elle va connaître une grande harmonie. Elle aussi a voulu être la maison de Dieu et louange de gloire. Elle entre en contact épistolaire avec la Mère Angélique, prieure des Carmélites des Andes et lui fait part de son inquiétude vocationnelle.
Un an plus tard elle quitte l’internat en raison de la noce de sa sœur Lucía, pour apprendre à mener à bien les taches de la maison et à se présenter en société. C’était une jeune fille sportive, amoureuse de la nature et joyeuse. Elle faisait le catéchisme et donnait des cours aux enfants des familles défavorisées et collaborait également dans les missions. Le seul doute qu’elle a eu à l’heure de choisir sa vocation était de savoir si elle allait entrer chez les sœurs du Sacré Cœur ou chez les Carmélites Déchaussées. Lorsque sa mère a été mise au courant de sa vocation, elle a essayé de l’en convaincre de différentes manières et s’est surprise de la douceur et de l’équilibre avec lesquels elle réagissait. Le 11 janvier 1919, elle a connu la communauté des carmélites et cela lui a permis de dissiper ses doutes. Elle a été séduite par la simplicité, le traitement familier et la spontanéité des sœurs.
Lorsqu’ils ont appris la nouvelle, ses frère ont essayé de l’en dissuadé mais ses parents lui avaient déjà donné leur permission. Elle est entrée au Carmel le 7 mai 1919 et a changé son nom en Thérèse de Jésus. Au couvent elle a connu les écrits de Saint Jean de la Croix qui lui ont aidé dans la maturation de ses prières.
Elle a exercé un véritable apostolat avec ses lettres à ses proches et amis, essayant de les encourager à l’amitié avec Dieu, à la joie et à la gratitude. Des Lettres écrites avec beaucoup de tendresse et de compréhension. Ces dernières, en plus de ses Journaux sont l’héritage de sa spiritualité.
Elle tombe gravement malade durant la Semaine Sainte de 1920. Elle réalise sa profession religieuse sur son lit, avec joie et émotion, avant de s’éteindre le 12 avril.
Sa vie et sa spiritualité, sont l’irradiation de Dieu au Chili et dans toute l’Amérique Latine. Son sanctuaire est un lieu de pèlerinage dans lequel de nombreuses personnes retrouvent Dieu et la foi.

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Ana María Redi est née à Arezzo, Italie, le 15 juillet 1747. Elle est la deuxième de treize frères et sœurs qui tous, à l’exception de l’ainé et des cinq qui sont décédés encore enfants, se sont consacrés à Dieu. Elle a une enfance très heureuse durant laquelle ressortent son inclination à la piété, ses désirs de sainteté et sa compassion pour les pauvres.
A neuf ans elle devient interne au collège Sainte Apollonia des Bénédictines de Florence et reçoit, entre 1756 et 1763, une éducation soignée. Après des exercices spirituels à 14 ans, elle devient une jeune fille responsable et affable qui se fait aimer.
Elle se sent appelée par la vie religieuse et émet le désir de rentrer chez les Bénédictines. Après une conversation fortuite avec une amie qui était sur le point d’entrer au Carmel, Ana ressent la vocation de carmélite (ce qu’elle ne sentait pas avant). Elle quitte le collège afin de réfléchir sa décision. A 17 ans elle communique sa résolution à la surprise de tous et au désarroi des sœurs de son collège.
Elle rentre pour une période d’essai le 1er septembre 1764 chez les Carmélites Déchaussées de Florence. Peu avant la fin du postulat, elle est opérée du genou et quitte le couvent sans savoir si elle sera admise. Elle rentre et prend l’habit le 10 mars 1765, avec l’objectif de vivre la prière, l’obéissance et le silence. Elle prononce ses vœux le 12 mars 1766 sous le nom de Thérèse-Marguerite du Sacré-Cœur de Jésus.
De nature fougueuse, elle apprend à se contrôler et mène une vie de fidélité admirable depuis le début. Depuis son entrée au couvent, la relation avec son père – d’aide spirituelle mutuelle – atteint une plus grande profondeur. Elle développe une grande amitié avec une sœur de la communauté. Elles se complètent et s’engagent mutuellement à être de meilleures religieuses.
Sa connaissance du latin lui permet la compréhension des textes bibliques et liturgiques, elle aime à les réciter sans cesse, elle veut vivre la Règle du Carmel qui médite “jour et nuit la Parole de Dieu”. Elle avait une sympathie bien spéciale pour les textes de Saint Paul comme : “votre vie est avec le Christ, cachée en Dieu”. Parfois elle semble étourdie, comme lorsqu’elle est saisie d’effroi devant les merveilles de la création, ce qui fait penser qu’elle est mélancolique. Ses sœurs de la communauté comprendront seulement après sa mort la sainteté de cette jeune carmélite.
Elle a constamment en mémoire le Christ Crucifié, “capitaine de l’amour” qui lève “l’étendard de la Croix”. A partir des exercices spirituels de 1768, elle décide pour toutes ses actions de ne pas avoir d’autre regard que celui de l’amour et d’unir sa volonté à celle de Dieu. Elle persévère dans de petits services auprès des sœurs et n’accepte ni médisances ni critiques. Elle s’exclame constamment : “Dieu est amour”. Elle vit en continuelle action de grâce : “Que celui qui ne croit pas en Lui prouve et ne s’approche pas de Lui, la bonté et la générosité de notre Dieu bien aimé.”
Elle est exquise dans l’exercice de la charité. Depuis le début elle se propose pour prendre soin des sœurs les plus âgées et les plus malades, dans lesquelles elle voit Jésus Christ en personne et aide l’infirmière. Les malades la demandent et elle s’offre pour prendre soin des cas les plus difficiles, comme le cas de cette sœur démente et agressive que tout le monde craint et qu’elle soigne avec une grande patience et sans jamais se plaindre.
A la fin de sa vie, elle connaît une grande aridité dans la prière. Elle passe par la répugnance, l’insensibilité, la peur, les tentations et l’antipathie envers la vertu. Elle redouble sa foi, s’abandonne à Dieu et récite des psaumes, des phrases bibliques ou l’expression “Bon Père !”. Amoureuse de la lecture depuis toute petite, elle ne peut lire, à la fin de sa vie, que les écrits de Sainte Thérèse.
Elle meurt des suites d’une appendicite le 7 mars 1770.

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Elle naît à Madrid le 4 novembre 1891 dans une famille profondément catholique, les Marquis de Pidal. Après une enfance et une jeunesse propres à sa classe sociale, elle abandonne tout pour entrer au Carmel de l’Escurial en 1919.
En 1924, par inspiration divine, elle fonde le Carmel du Cerro de los Ángeles à côté du monument consacré au Cœur de Jésus.
En 1933 elle fonde un Carmel à Kottayam (Inde).
De 1936 à 1939 la persécution contre l’Eglise espagnole redouble et les Carmélites Déchaussées du Cerro se lancent dans un pèlerinage risqué qui se terminera dans le Désert carmélitain de Batuecas (Salamanque), récupérant ainsi ce monastère pour l’Ordre.
En 1939, la Mère Maravillas retourne au Cerro et entreprend de nombreuses fondations en s’appuyant sur l’esprit de Sainte Thérèse de Jésus : en 1944 Mancera de Abajo, (Salamanque), en 1947 Duruelo, en 1950 Cabrera, (Salamanque), en 1954 Arenas de San Pedro (Avila), en 1956 San Calixto (Cordoue), en 1958 Aravaca (Madrid), en 1961 La Aldehuela (Madrid), où elle vivra jusqu’à sa mort.
A partir de là, cette fille de Sainte Thérèse, audace et actuelle, toujours attentive aux besoins du prochain, réalise sa grande œuvre sociale, comme le démontre la construction d’une église, d’un quartier et d’un collège pour les plus démunis.
Par la suite, elle réalise la Fondation de Montemar (Malaga), en 1964.
De plus, l’Archevêché de Madrid-Alcala lui demande en 1964 de restaurer le Carmel de l’Escurial où elle a vécu ses premières années au sein de l’ordre. En 1966, sur la demande de l’Evêché d’Avila, elle sauve le monastère de l’Incarnation dans lequel Sainte Thérèse de Jésus a vécu 30 ans.
Le 11 décembre 1974 elle s’éteint dans les bras du Seigneur dans son couvent de La Aldehuela, laissant derrière elle la lumière et l’amour de celle qui a mis au service de Dieu et du Carmel Déchaux tous ses dons et sa vocation, sa vie entière. Dans l’église conventuelle, sa sépulture reçoit la visite de milliers de pèlerins chaque année.

En 1974, el Père Finiano, Général du Carmel Déchaux adresse au Pape Paul VI une lettre émotive qui contient un portrait éloquent de la Mère, lui demande l’introduction de la cause. La Mère Maravillas est béatifiée à Rome en 1998 et canonisée à Madrid en 2033 par Jean-Paul II qui dira d’elle “… elle a vécu animée par une foi héroïque, formée à travers une vocation austère, plaçant Dieu au centre de son existence. Elle est à l’origine de nouvelles fondations dans l’Ordre du Carmel façonnées par l’esprit caractéristique de la Réforme Thérésienne”.

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Elisabeth Catez est née le 18 juillet 1880 près de Bourges (France). Trois ans plus tard va naître sa sœur Marguerite. Son père et son grand-père meurent en 1887 et suite à ces décès, les deux filles sont élevées par leur mère, une femme droite et énergique.

La petite Elisabeth possède un caractère bien marqué, ses colères d’enfants étaient redoutables. A la mort de son père, la famille déménage et s’installe proche du couvent des Carmélites Déchaussées de Dijon. Le son des cloches du couvent et le potager des sœurs vont avoir une grande influence sur Elisabeth.

Le jour de sa première communion, le 19 avril 1891, est fondamental pour elle : elle sent que Jésus a pris possession de son corps. Cette même après-midi elle visite pour la première fois le Carmel et la Mère Supérieure lui explique la signification de son nom en hébreu. Elisabeth veut dire “maison de Dieu”. Cela marque profondément la petite fille et lui fait comprendre la profondeur de ces mots. Depuis lors, elle entreprend d’être habitée par Dieu, à l’aide de plus de prières, en contrôlant son tempérament et s’oubliant elle-même.

Malgré son intelligence, la jeune Elisabeth reçoit une culture générale déficiente mais possède un don pour la musique qui lui permettra de gagner un premier prix de piano à l’âge de 13 ans. Elle possède une âme sensible à la musique et à la nature, de belles choses qui lui rappellent Dieu et dans lesquelles elle voit un reflet de l’harmonie du Créateur.

Elisabeth désire devenir carmélite mais sa mère le lui interdit jusqu’à ses 21 ans. En lisant Sainte Thérèse, elle sent une grande harmonie. Elle comprend que la contemplation est de se laisser porter par Dieu que la mortification doit être intérieure et que l’amitié signifie faire passer les intérêts des autres avant les siens. La lecture de L’histoire d’une âme de la jeune Thérèse de Lisieux l’a également beaucoup aidée dans son chemin de confiance envers Dieu.

Le 2 août 1901, elle entre au Carmel de Dijon sous le nom d’Elisabeth de la Trinité. La Mère Germaine sera sa prieure, maîtresse et finalement admiratrice et disciple. Elisabeth vit une vie complètement ordinaire, une vie de foie, sans révélations ni extases, mais cependant, sa fidélité et son engagement attire rapidement l’attention de toute la communauté. Elle se plonge dans la lecture et dans l’approfondissement des Ecritures (fondamentalement Saint Paul) et de Saint Jean de la Croix. Grâce à ce dernier, elle va trouver son propre chemin intérieur et affiner sa foi.

En lisant Saint Paul elle découvre un appel intense au Louange à la Gloire du Dieu Trin à chaque instant de la journée, vivant ainsi dans une constante action de grâce. Elle se sent tellement identifiée par cela que, à la fin de sa vie, elle signe plusieurs lettres avec ce nom : “LaudemGloriae”.

Durant le Carême de 1906, Elisabeth tombe malade et après une douloureuse et longue maladie, elle meurt le 9 novembre 1906. Ses derniers mots furent : “Je vais vers la Lumière, l’Amour et la Vie”.

Sa vie et ses écrits ont eu une diffusion surprenante. Ces derniers comprennent : ses Journaux, les Lettres, ses Poèmes (reflets de son âme mais d’une qualité littéraire bien moyenne), des Prières, parmi lesquelles la célèbre Elévation à la Sainte Trinité et les œuvres suivantes : Le ciel dans la foi, qui encourage à vivre le ciel sur terre en adorant Dieu avec foi et amour, ouvrage dédié à sa sœur Marguerite, mariée et mère ; Grandeur de notre vocation, Derniers exercices et Laisse-toi aimer (dédié à sa prieure).

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Le Bienheureux François Palau, un carme espagnol né à Aytona en 1810 et décédé à Tarragone en 1871, est un personnage typique du XIXème siècle, une des grandes figures du XIXème comme l’affirme le Père Alejo de la Vierge du Carmen (en particulier en Catalogne) et parmi les apôtres de la parole chrétienne, aux côtés du Vénérable Claret, du Père Coll et du Père Planas. Mais il faudrait le décrire “plus éploré, plus calomnié et moins connu aujourd’hui que tous ces autres”.

C’est un homme insatisfait de l’esprit du siècle, nostalgique du monde qui a mis pied à terre après les périodes révolutionnaires, et toujours dans l’attente de l’apparition d’une nouvelle société dans laquelle il serait possible de voir se réaliser ses espoirs.

La vocation. Lentement il découvre que sa place est au cloître, et lorsque les circonstances l’en expulsent, il réaffirmera sa vocation de religieux et de carme, à laquelle il reste fier face aux pressions, interdictions, à la prison et à l’exil, et puisque chez lui la “flamme de l’amour” était plus forte que toutes les difficultés qui se présentaient devant lui, “il s’est résolu à vivre solitaire dans les déserts, au sein des montagnes”.

L’amour pour l’Eglise, sa grande passion qui finira par se révéler comme une réalité au-delà de la structure, comme il a pu le sentir dans les premiers moments, pour la comprendre comme une communion d’amour entre Dieu et le prochain. Lorsqu’il découvre ce mystère, aux alentours de 1860, il trouvera le sens définitif de sa vie, une vie dédiée au service de l’Eglise.

François Palau, le solitaire par vocation, se sent un apôtre, un évangélisateur, prêt à mettre en avant cette cause contre tous ceux qui essayent d’éloigner et de réduire Dieu au silence. Il comprend que l’évangélisation est toute une activité, la prédication, l’enseignement, le catéchisme, la bienfaisance, l’exercice du journalisme, style à son style, propagande et dénonciation, qui aide à christianiser le monde qui s’éloigne progressivement des principes religieux qui sont pour lui, la base sur laquelle devrait se dresser la société.

Cette passion n’est pas seulement dirigée à l’endoctrinement chrétien mais également à l’attention des personnes dans le besoin, des malades, et parmi ces derniers les “fous”, les déments, qui apparaissaient parfois comme abandonnés par la main de Dieu. Lui qui depuis sa jeunesse a senti que solitude et la contemplation – la vocation de Marie – étaient les éléments naturels pour le développement de sa vocation, recommande à ses filles la vocation de Marta.
Voici le Père Palau, un carme déchaux qui, après son expulsion du couvent, a découvert sa vocation d’ermite solitaire qui, dans les grottes et la solitude des montagnes, a su être aux côtés des gens comme prédicateur, réformateur des coutumes, catéchiste, animateur de groupes et de communautés qui se formaient autour de sa personne.

Missionnaire Apostolique. Fondateur de ce que nous connaissons de nos jours comme deux congrégations, les Carmélites Missionnaires Thérésiennes et les Carmélites Missionnaires.

Ecrivain d’œuvres au caractère dévotionnel et apologétique. Mais avant tout et surtout, c’est un chercheur, qui a toujours marché “à la recherche du bien et du beau”.