Biographie

Thérèse de Ahumada est née à Ávila le 28 mars 1515. Son père, Alonso de Cepeda, après le décès de sa première femme et avec deux enfants à charge, se marie en deuxièmes noces avec Beatriz de Ahumada. Thérèse est la troisième des dix enfants du couple. Elle a grandit dans une ambiance très religieuse et a développée une sensibilité pour ce qui était transcendant depuis son plus jeune âge. Dans une société analphabète, ses parents l’ont initiée à la lecture de façon précoce.
A treize ans elle perd sa mère. Ce coup du destin mêlé aux crises propres de l’adolescence ont aggravé un problème affectif qu’elle traînerait jusqu’à sa conversion définitive. Gracieuse et avec de grands habilités sociales, elle a rapidement triomphé dans “la vanité du monde”. Elle a pris sa décision de devenir religieuse à l’internat de Santa María de Gracia après un fort combat intérieur. Cet état lui a paru plus sûr et mieux adapté pour se sauver. De plus, elle n’appréciait guère les conditions dans lesquelles vivaient les femmes mariées e son entourage. Elle était plus poussée par la peur que par l’amour.
Lorsque son père a voulu empêcher son entrée au Carmel de l’Incarnation, Thérèse s’est enfuie, non sans tristesse. Ses frères ont également quitté le domicile parental pour se rendre aux Amériques, à la recherche de la fortune. Elle avait 20 ans et elle voulait être libre de conquérir son propre destin.
Elle a vécu 27 ans à l’Incarnation. En 1537, elle prononce ses vœux et, après seulement un an, elle est atteinte d’une maladie étrange. La gravité de ses symptômes alerte sa famille qui décide de faire appel à une célèbre guérisseuse. Le traitement ne fait qu’empirer son état et elle est donnée pour morte. Elle raconte qu’elle a guéri grâce à l’intercession de Saint Joseph, bien qu’elle souffrira de séquelles toute sa vie. Elle avait 27 ans, et à partir de ce moment, la maladie est devenue sa compagne fidèle.
Durant le périple de sa maladie, elle a pris contact avec le mysticisme franciscain grâce à la lecture du Troisième Abécédaire de Francisco de Osuna, très important pour son évolution spirituelle puisque cela l’a imprégnée de la prière de recueillement. Au couvent, l’appel intérieur de la solitude et de la prière s’est vu gênée durant des années. D’une part, l’ambiance n’y était pas propice. Presque 200 femmes vivaient ensemble dans le couvent au sein duquel l’extraordinaire personnalité de Thérèse se détachait. Sa présence constante au parloir était devenue obligatoire pour attirer les visiteurs qui laissaient de bons pourboires. De plus, cette intense vie sociale qui l’éloignait de la prière ne lui déplaisait pas, cela compensait sa débordante affection.
Toujours plus insatisfaite, pressée par les appels de l’Ami qui la réclamait entièrement pour Lui, elle commence à confronter ses expériences intérieures en recherche de la lumière. Les confesseurs lettrés auxquelles elle a confié son âme tout au long de sa vie sont nombreux, modèle de pèlerine de la vérité. Femme, d’origine judéo-converse et mystique, cela commençait mal pour gagner du crédit. Mais la science allait soutenir son expérience.
En 1554, devant une image du Christ “plein de plaies” elle débute sa transformation. Dorénavant, elle ne sera plus guidée par la peur mais par un amour profond pour celui qui l’a aimée en premier. Deux ans plus tard a lieu la conversion définitive. Le Saint Esprit jaillit dans son âme et la guérit, la laissant étrangère à ses problèmes affectifs. Le fruit de sa conversion a été une activité féconde comme fondatrice et écrivain qui s’est prolongée jusqu’à sa mort.
Sainte Thérèse de Jésus est morte le 4 octobre 1582 à Alba de Tormes. Elle a été béatifiée par Paul V en 1614, canonisée par Grégoire XV en 1622 et proclamée docteur de l’Eglise par Paul VI en 1970. Ce fur la première femme à être décorée de ce titre.

 

Oeuvres

«Si je n’avais pas un livre nouveau, je me sentais un peu triste». C’est de cette manière que Thérèse de Jésus confesse sa passion pour la lecture depuis sa plus tendre enfance. Elle n’avait jamais vraiment étudié, cela était interdit aux femmes. De fait, savoir lire et écrire en faisait une femme privilégiée et à la fois suspecte. De ses lectures et conversations avec les théologiens les plus célèbres de son époque elle a acquis une solide culture théologique et spirituelle qui lui a permis d’enrichir sa propre expérience.
L’Index des livres interdits publié par l’Inquisition en 1559 a eu un impact important chez Thérèse. Privée des lectures qui avaient éclairé son processus spirituel, Dieu est allé à sa rencontre : «Ne sois pas triste, Je te donnerai un livre vivant». Le Christ allait devenir son maître intérieur. Son expérience devenue savoir, elle était pressée de la communiquer, «affriander les âmes d’un bien si précieux». La lectrice invétérée s’est transformée en un écrivain passionné.
Ce docteur de l’Eglise écrivait tout en sachant que son œuvre devait être révisée et approuvée par un censeur ecclésiastique. Elle était consciente qu’une femme écrivain serait mal vue, plus encore si elle voulait enseigner. Et, comme si cela n’était pas assez, comme c’était des écrits à contenu spirituel, l’Inquisition pouvait la condamner pour hérétique. C’était «des temps robustes» qui allaient conditionner son œuvre et l’obliger à accentuer son ingéniosité. afin de gagner la bienveillance du censeur, elle n’a pas ménagé les mots pour lui faire comprendre que c’était elle la première contrariée, qu’elle écrivait par obéissance et qu’elle se reconnaissait inculture, pêcheuse et inadaptée.
Malgré le fait qu’elle ait écrit de nombreuses poésies, Thérèse est aujourd’hui une figure imminente de la littérature principalement pour sa prose. Toute son œuvre possède un caractère autobiographique, bien qu’il soit possible de trouver dans cette dernière d’autres genres littéraires comme la didactique, le traité spirituel ou la chronique. La sainte d’Ávila a écrit depuis son expérience concrète, sans dogmatismes ni d’exposés abstraits. Cet exercice d’écriture lui a permis de revivre ses expériences et d’y réfléchir. Dans cette difficile lutte interne pour s’exprimer, elle allait se trouver. Les mots sur le papier confirmaient la réalité de ce qu’elle avait vécu. Une rétro alimentation riche entre l’écrivain et la plume.
La difficulté pour exprimer sa mystique avec un langage limité a été un vrai calvaire pour Thérèse. Sa maîtrise et la nouveauté des solutions qu’elle a apporté à l’expression écrite lui ont valu le qualificatif de “créatrice” de la langue. Elle a eu le génie de concevoir un système et de le présenter avec un style charmant et simple. De fait, ses pages dégagent la spontanéité et la fraîcheur.
De nombreuses choses ont été écrites à son sujet, le mieux restant de lire ses œuvres.
Œuvres :

Livre de la Vie
Chemins de Perfection
Les Fondations
Les Demeures
Contes de Conscience
Méditations sur les Cantiques
Lettres
Exclamations
Constitutions
Visite de déchaussées
Défi spirituel
Humiliation
Poésies
Ecrits non classés

 

Spiritualité

Thérèse de Jésus a reconnu que tout au long de sa vie elle a senti une Présence qui l’entourait amoureusement et qui recherchait son amitié. Après des années passées sans succès au cœur de la bataille pour «concerter ces deux contraires» Dieu et le monde, elle s’est abandonnée avec confiance dans les bras du Christ. Et, à partir de cet instant, Dieu a pris en main les rênes de sa vie et l’a embarquée dans une traversée fascinante vers les «septièmes demeures». De cette expérience naît la spiritualité thérésienne.
A travers sa vie et ses écrits, Thérèse a voulu transmettre le Dieu qui était venu à sa rencontre pour lui offrir tout et sans mesure. Il avait vérifié qu’il ne désirait rien d’autre que donner à celui qui voulait recevoir. Dieu invite les personnes à entrer en son sein, dans le lieu où Il habite. C’est ainsi qu’est dessinée «la grande beauté et dignité de l’âme», créée à l’image de Dieu et capable de se lier d’amitié avec Lui. Dieu se donne entièrement à l’être humain, pas pour une question de mérite, mais parce qu’il veut révéler et susciter une réponse composée de don. Thérèse dit de ce Dieu qu’il «dore les fautes» et tire profit au maximum de ce qu’il y a de bon en chacun.
Thérèse a senti que la personne peut vivre entraînée par ses forces instinctives et dans l’ignorance de sa propre identité et de son propre destin. A partir de ce point de départ, le procédé spirituel est pour elle une libération de tout ce qui disperse intérieurement à la personne et la sépare de son objectif : l’union transformant avec le Christ, le mariage spirituel.
La prière est la porte d’entrée de cette dynamique et dont la seule condition est une «détermination déterminée». Le fruit de cette rencontre amicale est l’humilité qui grandit grâce à l’illumination des vérités de l’âme : qui est Dieu, qui est l’être humain, le peu qu’il peut faire avec ses efforts et tout ce qu’il reçoit. La clé pour avancer sur ce chemin est d’accueillir ce que Dieu offre de façon pauvre et de répondre à se grâce avec un généreux dévouement de soi.
Lorsque l’amour divin caresse une âme, il n’est plus possible de mesurer sa vie selon le respect de principes et de rîtes mais selon l’amour avec lequel l’on répond au don reçu. C’est pour cela que cette expérience met en marche une transformation de l’être à la racine, qui vise à l’habituer à une amitié toujours plus profonde avec Dieu et ses frères.
Thérèse a connu une grande soif de plénitude et de liberté. Elle a remarqué que l’être humain possède à l’intérieur un vide que rien ni personne ne peut combler, à l’exception de Dieu. Cependant, il s’entête à le remplir avec ce qui le laisse encore plus vide. Ce ne sont pas les choses ni les personnes, mais l’attitude adoptée face à elles qui enferme la vie dans une spirale d’esclavages. L’être humain a besoin de percer le mensonge du monde qu’il porte à l’intérieur, de savoir que «tout est rien» et que «seul Dieu suffit». Lorsque l’âme a vu les grandeurs de Dieu, il ne lui est pas difficile de se défaire des choses pour pouvoir voler vers Lui. «Marcher dans la vérité» pour être enfin libre.
Le Christ est le centre de la spiritualité thérésienne. Son Humanité a guéri Thérèse avec affection et l’a introduite dans le mystère du Dieu trinitaire, communion d’amour. De l’option radicale Il fera jaillir le désir de toujours vouloir le retenir dans toute chose. Et, comme l’amour de Dieu et du prochain est le même, le service offert aux autres rend authentique la dévotion de Celui qui «n’a jamais été pour lui-même». Thérèse propose un chemin de foi à vivre en communauté. Un groupe d’amis de Jésus où chacun est un Christ pour les autres, «un esclave de Dieu et de tous» par amour. Cela signifie renoncer à soi et penser au bien de l’autre avant son bien propre. Imprégner d’amour les petites choses de chaque jour, Dieu ne regarde pas la grandeur des œuvres mais l’amour avec lequel elles ont été réalisées.

 

Lieux

Thérèse de Jésus a senti de quelle manière la miséricorde de Dieu avait transformé sa vie. Cependant, elle ne s’est pas réfugiée dans un intimisme égocentrique et stérile. Au contraire, sa sensibilité s’est développée face aux souffrances d’un monde «en train de brûler». D’où le désir de partager ce qu’elle avait reçu de Dieu. Le fruit de sa conversion a été une activité féconde comme fondatrice et écrivain qui s’est prolongée jusqu’à sa mort.
Thérèse rêvait d’une petite communauté qui vivrait l’Evangile avec authenticité. Un signe au dans une société aux valeurs oubliées et une Eglise en crise. Un lieu de prière, de travail, de silence et de fraternité où «faire ce peu qui était en moi» pour améliorer la réalité. En 1562, après de nombreuses difficultés, ce rêve devient réalité avec la première fondation des déchaussées : le couvent de San José à Ávila.
La vie de Thérèse passait tranquillement jusqu’au jour où le témoignage d’un missionnaire venu de l’Amérique tout juste découverte, lui a secoué le cœur. Devant la souffrance de tant de créatures, maltraitées par l’ambition coloniale et le manque d’évangélisateurs, elle a senti l’urgence d’étendre son œuvre. Elle avait alors 52 ans. A partir de ce moment, sa vie a tellement été remplie de voyages et de nouveaux couvents, que l’image qui est restée d’elle est celle de “la sainte vagabonde”.
Fondatrice de sœurs mais également de moines, elle a parcouru plus de six mille kilomètres sur les chemins espagnols en piteux état au XVIème siècle. Ses couvents ont été construits à un rythme prodigieux : Medina del Campo (1567), Duruelo (1568), Malagón (1568), Valladolid (1568), Tolède (1569), Pastrana (1569), Salamanque (1570), Alba de Tormes (1571), Ségovie (1574), Beas de Segura (1575), Sevilla (1575), Caravaca (1576), Villanueva de la Jara (1580), Soria (1581), Palencia (1581) et Burgos (1582).
Thérèse a déployé ses extraordinaires qualités personnelles pour surmonter tous les obstacles qui se présentaient devant elle. Aux insuffisantes ressources économiques s’ajoutaient les problèmes pour obtenir les autorisations, les voyages difficiles, la recherche et l’aménagement des maisons, ses problèmes de santé. Suspecte de par ses origines judéo-converses, femme et mystique, elle été dénoncée plusieurs fois devant le tribunal de l’Inquisition qui, en 1575, a ouvert une procédure contre elle et ses sœurs de Séville, de laquelle elles sont sorties absoutes. Ses détracteurs étaient des nobles et des bourgeois ainsi que des membres de l’Eglise. La situation au sein de son propre Ordre est également devenue insoutenable et, après un procédé douloureux, les fondations thérésiennes lui ont été retirées en 1580, ce qui a donné naissance au Carmel Déchaussé. Thérèse est à l’origine des valeurs qui régissent cette société.
Femme enveloppée dans mille conflits et besoins, sa diplomatie et sa célèbre habileté dans le monde des affaires ont été décisives pour son succès. Mais l’authentique moteur de sa réussite a toujours été son désir de servir l’Ami, auquel elle était intimement liée. D’une foi inébranlable et d’un amour passionné ont jailli le courage et la force pour vaincre l’adversité.
Pour Thérèse, chaque fondation était une authentique épiphanie. Dieu étendait son royaume au fil de l’inauguration des nouvelles communautés. Et elle agissait en se servant de l’insignifiance sociale de la femme. L’esprit du mal s’opposait à cela et semait de nombreuses contrariétés le long du chemin. Sa lumière et sa bonté triomphaient chaque fois qu’un nouveau Carmel ouvrait ses portes.
Thérèse a sacrifié sa santé et sa vie au service de Dieu et de l’Eglise. Elle était convaincue de l’importance de la mission ecclésiale menée à bien dans ses maisons de prière. Pour elle, la prière transformait l’être humain et possédait un pouvoir qui pouvait atteindre tous les recoins de la terre.

 

Biographie

Jean de la Croix (Juan de Yepes Álvarez), est né à Fontiveros (Ávila) en 1542. Il a eu trois frères : François, Louis et Jean. Son père Gonzalo est mort lorsque Jean était encore enfant. La famille tolédane a déshérité Gonzalo pour s’être marié avec Catalina, d’une classe sociale inférieure. Ils ont donc vécu dans la pauvreté, pauvreté qui s’est accentuée après la mort du chef de famille.
Catalina part pour Tolède afin de demander de l’aide à la famille Gonzalo. Elle se rend à Torrijos, mais sans succès. Par la suite elle prend la direction de Gálvez où le médecin du village décide de prendre François en charge. Elle retourne à Fontiveros avec le petit Jean. Un an plus tard elle se présente de nouveau à Gálvez. Comme les choses s’étaient plutôt mal passées, elle rentre avec François et le petit Jean. La famille passe par Arévalo, avant de retourner à Fontiveros puis de partir en direction de Medina del Campo. Les faibles ressources de la famille permettent à Catalina de faire entrer son fils cadet au Collège de la Doctrine. Par la suite il entre en tant qu’infirmier à l’Hôpital de la Conception ou des Bubons, et comme élève externe au Collèges des Jésuites de 1559 à 1563.
En 1563 il entre au Carmel de Sainte Anne de Medina en tant que novice, prononçant ses vœux l’année suivante. Il étudie ensuite à l’Université de Salamanque : trois ans de philosophie comme élève ordinaire et un de théologie (1567-1568), cette dernière année après sa rencontre avec Sainte Thérèse à Medina durant les vacances 1567.
La Sainte le fait revenir sur son choix de devenir chartreux. A la demande de la Mère, il accède de renoncer à ses projets et d’adhérer la nouvelle famille carmélite en train de s’organiser.
De retour de Salamanque en 1568 il continue ses dialogues avec Thérèse sur la nouvelle vie carmélite. Il l’accompagne à la fondation des sœurs de Valladolid et prend de nombreuses notes. Une fois terminé cette sorte de noviciat, Jean part pour Duruelo (Ávila) et transforme la maison offerte à la Sainte en un petit couvent pour les moines, le premier en son genre.
L’inauguration officielle a lieu le 28 novembre 1568. Visite de la Sainte durant le Carême 1569.
Jean de la Croix est nommé maître des novices à Duruelo et c’est avec cette fonction qu’il part vers Mancera lors du changement de siège en 1570. Il doit aller organiser le noviciat à Pastrana (Guadalajara) en 1570. Il rentre à Mancera. En avril 1571, nouvelle destination : Recteur du Collège d’Alcalá de Henares. L’année suivant, probablement en mai, sur la demande de Sainte Thérèse, il devient confesseur du grand monastère de L’Incarnation, où il sera Prieur de la Mère.
Il passe cinq ans à Ávila, où il restera célèbre pour son pouvoir contres les esprits malins, éminent exorciste et formateur d’esprits. C’est ici qu’il est fait prisonnier par les carmes chaussés. Il passera neuve mois en prison dans un couvent de Tolède, d’où il s’échappera en août 1578.
En 1578 il assiste au chapitre des carmes déchaussés à Almodóvar del Campo (Ciudad Real), durant lequel il est nommé Supérieur du couvent du Calvaire (Jaén). Il part pour l’Andalousie et prend ses nouvelles fonctions. En 1579, il quitte Jaén pour fonder le couvent-collège de l’Ordre dans la ville universitaire de Baeza, où il sera Recteur.
En janvier 1582 il part pour Grenade. Ici, au Couvent des Saints Martyrs il est trois fois Prieur. En 1585 il devient Vicaire d’Andalousie. Depuis Baeza il assiste à Alcalá de Henares au chapitre de séparation de la province déchaussée en 1581. Il assiste également à tous les autres chapitres : Almodóvar 1583, Lisbonne-Pastrana 1585, Valladolid 1587, Madrid 1588, 1590 et 1591. A partir du Chapitre de 1588, il devient la seconde autorité de l’Ordre et en tant que tel, il se rend à Ségovie comme membre du Nouveau Gouvernement de la Consulta, présidant les cessions de cette dernière lorsque le Vicaire Général Nicolás Doria est absent. Il construit un nouveau couvent à Ségovie mais ne le termine pas. Il quitte Ségovie pour la Peñuela en août 1591. Malade, il est transféré à Úbeda le 28 septembre. Il souffre du traitement que lui réserve le prieur d’Úbeda et de l’infâme persécution de Diego Evangelista. Il meurt à Úbeda le 14 décembre 1591. Son corps est transféré à Ségovie en 1593.

 

Oeuvres

En ce qui concerne les choses spirituelles, Jean de la Croix préférait la parole à l’écriture. Sa vocation la plus profonde était l’enseignement oral. Il a écrit spontanément les Pensées de lumière et d’amour, des lettres, les Précautions spirituelles et bien d’autres œuvres encore.
Ses grands livres comme La montée du Carmel, La nuit obscure, Le Cantique spirituel ou encore La vive flamme d’amour ont été écrits sur le demande de moines et de sœurs.
Pour se faire une idée de la production écrite de Jean de la Croix, il faut se reporter à l’une des bonnes éditions que nous possédons actuellement. En règle générale, elles sont divisées en deux parties : Ecrits brefs et Œuvres majeures.
Les œuvres mineures sont également appelées écrits brefs. Cela ne signifie pas qu’elles aient moins d’importance ou de portée que les autres écrits. Elles sont appelées ainsi pour le nombre de pages.
Si parmi les écrits brefs nous mettons ses poésies et en particulier les poèmes qui sont la base des grandes œuvres, nous comprenons mieux le concept d’œuvres mineures.
La vieille question de savoir par quelle lecture découvrir l’œuvre de Saint Jean de la Croix peut se résoudre d’une façon simple : le mieux est de commencer par les écrits brefs qui, dans leur majorité, précèdent chronologiquement les grands traités.
De la lecture attentive et affectueuse des grands poèmes va naître chez le lecteur le désir de découvrir leur signification ainsi que les secrets de ce monde merveilleux, ce qui le poussera vers les commentaires en prose.

 

Spiritualité

La spiritualité de Saint Jean de la Croix est entièrement théologale. Depuis qu’il a découvert le schéma théologal dans 2S c. 6 son enseignement s’illumine et s’organise de façon parfaite. De ce chapitre jusqu’à la fin de La Montée du Carmel, tout est doctrine théologale manifeste. Cette substance théologale est imbibée de la parole de Dieu, de laquelle Jean de la Croix est amoureux. Il présente également les mystères de la foi, les lampes de feu des attributs divins ainsi que le monde de l’amour réciproque de Jésus-Christ et de l’âme, ce qui apparaît également dans La montée du Carmel, La nuit Obscure, Les Cantiques et La vive flamme d’amour. En toute exactitude, il a été écrit à propos de l’enseignement théologal de Saint Jean : ”La vie théologale est l’actualisation et l’information des attitudes et comportements de l’être humain par rapport aux trois vertus théologales. Elles intègrent, orientent, impulsent et transforment la personne et la vie en leur donnant une projection totale en direction de Dieu. Vie de foi, d’espoir et de charité avec tout ce qui implique des exigences divines et des renonciations humaines, spirituelles et terrestres” (Isaías Rodríguez, La vie théologale selon le Vatican II et saint Jean de la Croix, Revue de Spiritualité 27 (1968), 477)
Il sera utile de transcrire une lettre d’Edith Stein datant du 30 mars 1940 et dans laquelle elle fait référence à un point très important de la spiritualité de Jean de la Croix. Edith Stein a reçu une lettre d’une religieuse dominicaine appelée Agnella Stadtmüller, agrégée de philosophie et très liée à elle. Dans la lettre, la religieuse lui demandait à quoi faisait référence Saint Jean de la Croix par “amour pur”. Edith répond exactement à ce qui lui était demandé. Ses mots sont les suivants : “Saint Jean de la Croix comprend par “amour pur” l’amour de Dieu pour ce qu’il est, celui d’un cœur libre de toute attache aux choses créées : à soi et aux reste des créatures, mais également à tout réconfort et aux choses similaires que Dieu concède à l’âme, à toute forme de dévotion spéciale ; celui d’un cœur qui ne désire pas autre chose que de remplir la volonté de Dieu et de se laisser guider par lui sans résistance. Ce qu’il est possible de faire pour arriver à cela est amplement décrit dans la Montée du Carmel. Comment Dieu purifie l’âme dans la Nuit Obscure. Le résultat dans la Vive flamme d’amour et dans Le Cantique Spirituel. Il est possible de trouver le chemin dans chacune des trois œuvres, chaque étape étant accentuée l’une après l’autre. Mais si vous désirez apprendre l’essentiel, compilé sous une forme plus courte, vous devez vous lancer dans la lecture des écrits brefs”.

 

Lieux

“Jean de la Croix a connu une géographie limitée : il a vécu uniquement en Espagne et quelques jours au Portugal. Le point le plus haut qu’il a atteint sur la carte de la Péninsule ibérique a été Valladolid, où il a accompagné Sainte Thérèse en 1568 et où il est revenu en 1574 pour déclarer devant le Tribunal de l’Inquisition à propos de son intervention dans le cas de la possédée Ávila, María de Olivares Guillamas. Il y est retourné une dernière fois en 1587 pour la Chapitre de la nouvelle province des déchaussés. Le point le plus au sud qu’il ait visité est la ville de Malaga; à l’ouest, la ville de Lisbonne en 1585. La ville murcienne de Caravaca est le point le plus à l’est où il s’est rendu, et cela à de nombreuses reprises. Durant tous ces voyages, il a parcouru environ 27000 kilomètres, la majorité à pied ou à dos d’âne” (José Vicente Rodríguez, Saint Jean de la Croix, La biographie, Ed. San Pablo, Madrid 2012, 61).
Lieux à nommer et à visiter :
Fontiveros: naissance et baptême.
Medina del Campo: fréquente le collège de la Doctrine, porte soin aux malades à l’Hôpital, étudie chez les jésuites, entre à l’Ordre du Carmel et enseigne.
Salamanque: étudiant de Philosophie et de Théologie à l’Université. Vit au collège San Andrés. Ordonné prêtre en 1577. En 1567 et 1568 il rencontre Sainte Thérèse à Medina. Il part avec elle à Valladolid pendant un peu plus d’un mois
Duruelo-Mancera. A Duruelo il prépare la maison dans laquelle sera inaugurée la nouvelle vie carmélite en novembre 1568. Maître de novices.
Ávila, cinq ans (1572-1577)
Tolède, en prison neuf mois. Il s’en échappe au risque de sa vie.
El Calvario: Prieur du couvent.
Baeza: en 1580 il fonde le collège de cette ville universitaire et en devient le Recteur.
Grenade: janvier 1582 jusqu’à l’été 1588.
Ségovie: 1588-1591.
La Peñuela: Août-septembre1591.
Úbeda: Décès. Ses restes reposent à Ségovie depuis 1593.