Lettre des soeurs d’Alep

Lettre des soeurs d’Alep

Quelle joie de recevoir à la Curie Générale une lettre envoyée à notre père Général par les Carmélites d’Alep le 21 décembre 2016, celle-là même que nous avons intégralement publiée en français et en espagnol sur nos réseaux sociaux le 21 décembre !

Dans cette lettre elles remerciaient leurs frères et leurs soeurs pour leur sympathie, pour les aides reçues et surtout pour les prières qui leur ont donné le sentiment d’être soutenues dans la terrible situation qu’il leur était donné de vivre. Il est bon d’apprendre d’elles mêmes que la plus petite prière, le mot venu du coeur dans lequel elles pouvaient percevoir notre sympathie, notre amour, les ont aidées à vivre mieux leur vie de communauté au sein de la guerre qui a frappé si cruellement Alep.

Unies aux souffrances du peuple pour lequel elles intercédaient continuellement dans leur oraison et qu’elles accompagnaient dans leurs épreuves, elles ont persévéré dans leur vie fraternelle, en déjouant tous les obstacles. Ainsi nos soeurs ont installé dans le choeur une nouvelle Statue de Notre Dame du Mont Carmel, – cadeau des carmélites de Harissa (Liban) – bénie par un prêtre du Verbe Incarné, délégué de l’Evêque. Elles ont pu s’unir à l’Eglise et à l’Ordre dans la joie de la canonisation d’Elisabeth de la Trinité et la béatification du P. Marie Eugène, célébrer leurs exercices annuels et même la fête de la Prieure, les 13 et 14 novembre.

Dans leur lettres les soeurs nous font partager la joie de la population à la libération de la ville, soumise pendant tant de temps à de terribles souffrances ; il y a cependant une grande différence entre le centre et la partie orientale de la ville. Alors qu’elles écrivaient leur lettre, les gens s’apprêtaient, dans la joie et au milieu des chants et des danses, à décorer la partie ouest de la ville, pour célébrer Noël, même au milieu des ruines, alors que, à l’est, la situation est sensiblement plus douloureuse, avec de grandes difficultés pour affronter l’hiver, et, bien que la ville puisse être reconstruite, les blessures au coeur de la population qui a le plus souffert du conflit resteront ouvertes encore longtemps.

Puisse le Prince de la Paix parvenir à les guêrir! prient nos soeurs, nous suppliant de nous unir à leur prière confiante.