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B. Marie-Joséphine

B. Marie-Joséphine
26 juin 2018

La bienheureuse Marie-Joséphine de Jésus-Crucifié, OCD, 1896-1948.

Guiseppina (Joséphine) Catanea est née à Naples le 18 février 1896. En famille on l’appela toujours « Pinella » (diminutif affectueux).

Après des études commerciales, elle entre le 10 Mars 1918 dans la Communauté carmélitaine de Sainte-Marie des Ponti Rossi (Ponts-Rouges),  qu’avait voulu fonder sa sœur Antoinette, devenue dans le Tiers-Ordre Carmélitain soeur Marie-Thérèse, avec  l’appui du père carme Romuald de Saint-Antoine. De santé fragile, maladive, elle est frappée en 1912 par des angines répétées, puis par une tuberculose de l'épine dorsale avec des lésions des vertèbres, une parésie complète et une méningite spinale .Mais dix ans plus tard, à 28 ans, le 26 juin 1922 elle est miraculeusement guérie  instantanément, après le contact avec le bras de saint François-Xavier, qui avait été apporté à Naples.

Ce fut le début d'un apostolat, que  le « sainte moniale », comme on l’appelait, mena tout au long de sa vie en accueillant au monastère des malades et des nécessiteux de tout genre, matériel ou spirituel. Elle leur donnait réconfort et conseil, pour trouver l'amour de Dieu, souvent en opérant des prodiges. Son abnégation se poursuit sans interruption, surtout les jours fériés, même lorsque d’autres maladies la frappent. A partir de 1944, sa vue faiblit ; clouée dans un fauteuil roulant, elle donne d’elle l'image d'une crucifiée avec Jésus pour l'Église et ses frères. Son nom de religieuse représente pour elle toute une prédestination. Elle veut être victime pour les souffrances de l'humanité, remplie  d'une sensibilité nouvelle que lui donne le  Saint-Esprit. En 1932 le Saint-Siège reconnait la maison des Ponti-Rossi de Naples comme  monastère du second Ordre des Carmes  Déchaussés. Joséphine Catanea reçoit officiellement l’habit de carmélite de saint Thérèse avec le nouveau nom de Marie-Joséphine de Jésus-Crucifié. Le 6 août de la même année elle fait  profession  solennelle selon la Règle, qu’elle suivait  déjà depuis 1918.

En  1934 le cardinal Alessio Ascalesi, archevêque de Naples,  la nomme sous-prieure, puis en 1945 vicaire ; t le 29 septembre 1945 au cours du premier Chapitre d’élection, elle est élue prieure de la Communauté, charge  qu’elle assumera jusqu'à sa mort. Sa spiritualité, la douceur amoureuse, l'humilité et la simplicité, trouvèrent grande application pendant les années de la Seconde Guerre Mondiale. Sa prière continuelle nourrissait la confiance en  Dieu, qu’elle transmettait à ceux qui  se rendaient en pèlerinage aux Ponti Rossi, pour écouter ses encouragements à reprendre espoir dans la vie, en dépassant les épreuves et les souffrances. Le jour de sa vêture elle avait dit : « Je me suis offerte à Jésus Crucifié pour être crucifiée avec Lui ».

Le Seigneur l'a prise en mot, en la rendant participante de Sa souffrance, qu'elle chercha à vivre silencieusement et joyeusement, en s’unissant au Cœur  de  la Vierge Marie. A certaines époques, son existence est remplie  de charismes mystiques extraordinaires, elle connait pendant de longues années de  dures épreuves et des persécutions supportées dans l’abandon  à la volonté de Dieu. Par obéissance et sur le conseil du père Romuald de Saint-Antoine elle écrit son « Autobiographie » (1894-1932) et un « Journal » (1925-45), en plus des lettres et des exhortations pour les religieuses.

A partir de 1943 elle  commence à souffrir du labyrinthe de l’oreille,  de diverses paralysies,  d’une douloureuse sclérose en  plaques,  de la perte progressive de la vue et d’autres infirmités. Convaincue que sa maladie est la « maladie de la volonté de Dieu », elle la considère comme « un don magnifique » qui l’unit davantage à Jésus sur la croix ; et en souriant elle  offre son corps délabré par une gangrène diffuse comme l’autel de son sacrifice pour les âmes.

Mère Marie-Joséphine  meurt le 14 Mars 1948, le cœur tourné vers Dieu et  vers les âmes ; son corps amaigri se conserve pleinement incorrompu jusqu'au 27 Mars, jour de la sépulture, pour permettre à une foule ininterrompue de rendre un dernier hommage à « la sainte moniale ».

En décembre 1948, c'est-à-dire l’année même de sa mort,  le cardinal Ascalesi, ouvrit le Procès Ordinaire pour la cause de béatification. Le 3 janvier 1987 le décret sur les vertus héroïques lui reconnut le titre de vénérable. Elle  a été béatifiée dans la Cathédrale de Naples par le Cardinal Crescenzio Sepe le 1er  juin 2008. Sa mémoire liturgique est célébrée le 26 juin.